Origine et histoire du va’a

Les Va’a ont sillonné l’océan Indien et l’océan Pacifique depuis plus de 4.000 ans. Environ 2.000 ans avant notre ère, un peuple émergea d’Asie pour coloniser des îles vierges de toute trace humaine du sud-est de l’océan Pacifique.

Il est très probable que les premiers va’a ont été construits à cette époque et que les polynésiens et leurs ancêtres ont peuplé les îles du Pacifique les plus lointaines à l’aide de va’a à coque simple et double. Ces embarcations étaient souvent des bateaux à voile qui pouvaient être de grande taille.  Lors de l’arrivée en Polynésie des premiers européens, on pouvait croiser des va’a à voile de plus de 30 mètres de longueur, élaborés pour la navigation hauturière.

Les premiers Européens qui découvrirent la Polynésie et ses habitants ont pu assister à de grandes démonstrations navales durant lesquelles de grandes pirogues richement décorées évoluaient dans le lagon.

Les premières courses de va’a étaient organisées entre pêcheurs, familles et petits villages. Plus tard, des équipes de plusieurs îles allaient s’affronter sportivement. Les va’a utilisés pour ces confrontations étaient essentiellement des embarcations de pêche.

Le va’a moderne de compétition fut développé à Tahiti au début du 19ème siècle. Les courses de va’a dans le lagon, jouaient un rôle important durant les traditionnelles fêtes culturelles du « Heiva » du mois de juillet. Ces courses, les courses du « tiurai », faisaient à peu près 3000 m et avaient lieu dans la rade de Papeete.

Les champions de l’époque étaient ceux des districts et notamment l’équipe de Tautira, qui est devenu l’équipe de Maire Nui. Certains prétendaient qu’ils surpassaient leurs adversaires parce qu’ils ramaient comme leurs ancêtres, d’autres avançaient qu’ils étaient les mieux entrainés car ils ramaient quasi quotidiennement pour venir de la presqu’île jusqu’à Papeete.

Au milieu du 20ème siècle les catégories se sont organisées. Les pirogues étaient à  simples ou doubles coques et conçues pour un, trois, six, quatorze et seize rameurs ou rameuses. Ces pirogues sont alors taillées spécialement pour la course. L’ère de la course de va’a contemporaine est née. Aujourd’hui, la pirogue de sport bénéficie des progrès technologiques avec des coques en résine polyester ou en carbone.

Le v6 (va’a ono) est l’embarcation la plus représentative des courses de pirogues des temps modernes, il se décline en deux versions : le « va’a roto », une pirogue de lagon, rapide dans les eaux calmes et le « va’a tua », une pirogue du large, haute sur l’eau et plus volumineuse, elle est adaptée aux eaux agitées.

Le v3 est une déclinaison du v6, où l’on retrouve les trois postes de la v6, les deux premiers rythment la cadence de rame (te faahoro), les deux suivants sont les moteurs (te turai) et les deux derniers sont chargés de gérer la trajectoire du va’a (te tau’ai), en effet le numéro 5 aide le barreur de par son coup de rame pour faciliter le barreur dans sa tâche. Le v3 est composé d’un seul rameur pour chacun de ces trois groupes, un « faahoro », un « turai » et le « tau’ai ».

Le v1 est apparu peu après, dans les années 60. Les meilleurs rameurs de chaque district de Tahiti se rencontraient seuls dans un v3 et un jour a émergé l’idée de transformer un v3 en v1. Le va’a hoe était né.

Le va’a hoe  a été imaginé pour avoir un comportement équilibré quelles que soient les conditions, sur plan d’eau calme, au surf ou au remontant.

Les va’a de sport polynésien d’aujourd’hui sont des v16 (va’a tauati), v6 (va’a ono), v3 (va’a toru) et v1 (va’a hoe).

Parallèlement, à Hawaii, des rameurs de surf ski s’inspirèrent des pirogues qu’utilisaient les anciens polynésiens pour créer l’Outrigger Canoë à une place ou OC1, qui est un surf ski sur lequel on a rajouté un balancier.

Comme le surf ski à 2 places, on retrouve l’OC2 qui, en comparaison du v3 Tahitien, ne dispose que d’un « faahoro » et d’un « turai », le moteur faisant office de barreur à l’aide du palonnier manœuvrant le safran pour assurer la trajectoire de ce type d’embarcation.

Selon Wikipedia, l’encyclopédie libre d’Internet : « Les principales différences entre le va’a et l’OC (Outrigger canoë hawaïen) tiennent dans l’absence de safran sur les va’a, quel que soit le modèle, et dans une esthétique plus tendue, plus fine. On ne rencontre jamais de V2, contrairement à son homologue OC2 hawaïen, du fait de l’absence de safran pour diriger. »

On pourrait rajouter que, comme le surf ski dont ils sont issus, les OC1 et OC2 ne sont pas pontés, le rameur s’asseyant directement sur son embarcation contrairement au va’a qui dispose d’un cockpit dans lequel se glisse le rameur.

En revanche, l’OC4 est une embarcation traditionnelle sans safran, très large et bananée, typiquement Hawaiienne, destinée à évoluer dans les vagues.

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